Il était une fois de très vieilles demoiselles, qui tricotèrent leur souvenir ensemble

Un jour nous avons feuilleté ensemble des vieilles photos.

Elles ont raconté leurs souvenirs, choisi des photos qui leur parlaient plus.

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Nous avons fait trois tas avec ces photos, pour écrire trois contes.

Chaque semaine notre petit groupe invente des morceaux d’histoire, et au passage s’évade en racontant encore un morceau de vie :

  • « J’ai lavé mon linge sur le bateau lavoir »
  • « Moi aussi je connais le bateau lavoir, mais c’était pour y boire le champagne avec une amie »
  • « Et l’abbaye du Port du Salut, mon père y faisait le jardin »
  • « Moi j’ai goûté le fromage du Port du Salut en Pologne »

…..Chacune sa vie, chacune ses souvenirs, qui, tricotés ensemble ont donnés naissance à notre premier ouvrage :

ON A PERDU LA RECETTE DU FROMAGE DU PORT DU SALUT!

Prochaine étape : l’illustration et la publication, soyons jeunes et fous !

Bonne lecture !

On a perdu La recette du fromage du Port

du salut!

Le départ

Il était une fois un fromage célèbre jusque dans les fin fonds de la Pologne. Il était fabriqué en Mayenne, par des moines, dans la fromagerie de l’Abbaye du port du salut.

Parmi les moines fromagers, il y avait Jean. Il avait été envoyé au monastère quand il était encore enfant, pour avoir une bonne éducation. A présent, il était au seuil de sa vingtième année, c’était le plus jeune moine de l’abbaye.

Sa vie était plutôt agréable, elle se passait avec les autres moines, entre les prières à la chapelle, les repas au réfectoire, les travaux au jardin, la copie des manuscrits et la fabrique du fromage à la fromagerie.

Il était un moine heureux, mais….un jour un évènement transforma sa vie et celle de la fromagerie.

Anatole, le plus vieux moine de l’abbaye vint à mourir.

Catastrophe, Anatole était le seul à connaître la recette du fromage si célèbre qui faisait la renommée de l’abbaye. Mais il était très étourdi et il avait oublié de faire écrire la recette sur le grand lire du savoir des moines.

Il y avait bien un autre moine qui connaissait la recette, mais c’était un moine très vieux, qui vivait au-delà de la grande muraille de chine, bien loin de la petite abbaye au bord de la Mayenne.

Jean fut choisi pour faire le grand voyage, c’était le plus jeune et le plus alerte.

Jean était inquiet, un moine mène une vie régulière, une vie où chaque journée est identique à celle qui la précède et à celle qui la suivra. Il ne connaissait rien du monde extérieur et craignait ce qu’il allait découvrir de l’autre côté des murs du monastère.

Le père supérieur, voyant son inquiétude lui donna 4 petits fromages :

« Gardes les bien précieusement. Ces fromages ont des vertus magiques, en cas d’ennui le long de ta route, ils te rendront grand service »

« Comment un fromage pourrait-il me rendre service ? » demanda Jean

« Crois dans leurs pouvoirs et tu verras… », « Mais attention, tu n’as que  4 fromages, ce sont les 4 derniers de la fromagerie, économises les, et n’oublie pas : »

Sur ce, voilà Jean parti sur le halage, avec son petit baluchon.

Le halage

C’était le temps de Pâques, l’air était vif et léger. Les jeunes feuilles des arbres commençaient à sortir, de minuscules violettes, des jonquilles, des anémones coloriaient les berges de la rivière. Un brave petit oiseau, probablement amoureux, vocalisait éperdument dans un grand arbre.

Il marcha tout le jour et s’arrêta pour le souper dans une auberge sur la place de l’église d’un petit hameau.

Il resta un moment a rêvasser devant le magnifique spectacle de la pleine lune, juste au-dessus du clocher de l’église. Celle-ci faisait comme un point sur un i.

L’auberge

Il approcha de l’auberge qui paraissait animée. La lumière et un joyeux brouhaha parvenant des fenêtres se rependait dans la rue.

Il entra dans l’auberge, timide. Jean n’avait diné jusqu’alors que dans le réfectoire de l’abbaye, avec les autres moines.

Il s’installa sur l’unique table libre, près d’un groupe d’hommes bruyants, qui turent leur conversations le temps de détailler du regard l’étranger qui entrait.

Notre moine commanda une soupe, il devait rester économe et ne pas gaspiller le petit pécule que les moines lui avaient donné pour son voyage.

Il dégusta son potage et ne s’aperçu pas que ses voisins de table avaient repéré sa besace avec envie et complotaient pour la dérober.

Il décida de profiter de la pleine lune pour reprendre la route encore une heure ou deux avant le coucher.

Il trouverait bien une grange pour l’accueillir pour la nuit.

La forêt

Au bout d’une heure éclairé par madame la lune, il entra dans une forêt. Il prit une vive allure, prenant garde de ne pas imaginer ce qui se passe de l’autre côté des fourrés ! Les yeux de de Jean étaient aveuglés par le noir, ses oreilles percevaient mille bruits étranges : les arbres murmuraient, des animaux filaient sous la blancheur de la lune en un froissement d’ailes ou dans le crissement des feuilles mortes. BRR…il ne fallait pas trainer.

Les brigands lui emboîtèrent le pas et lui tendirent un piège à la sortie de la forêt.

Jean n’eut pas le temps de réagir, il était couché dans la boue et les hommes avaient filé avec sa besace.

C’était sans compter sur les pouvoirs de petits fromages : 100m plus loin, les brigands, pressés de découvrir leur butin, ouvrirent le sac.

L’odeur des fromages était si forte, que nos compères prirent leurs jambes à leur cou et laissèrent le sac sur place.

Jean reprit ses esprits, ramassa le sac et se trouva un coin à l’abri pour dormir. Il se dit qu’il serait toujours temps de voir demain pour laver ses vêtements souillés par sa chute dans la boue.

Le saint Julien et les lavandières

Au lever du jour il se dirigea vers le saint Julien, un bateau lavoir bien connu sur le bord de la Mayenne. La journée, une dizaine de femmes y battaient leur linge puis le rinçaient dans le courant de la rivière.

Jeanne, la lavandière qui pris les vêtements de Jean, était une belle et grande jeune femme, sa beauté pourtant peu mise en valeur par sa blouse qu’elle quittait rarement. Elle aurait pu générer l’envie de la part des autres lavandières, mais le caractère gentil et enjoué de Jeanne empêchait toute jalousie, elle était gaie comme un pinson.

Le travail était dur, les mains gercées et les dos accablés mais les lavoirs résonnaient chaque jour des rires et des chants des lavandières.

Pourtant aujourd’hui Jeanne était triste. Elle raconta au moine qu’elle était amoureuse d’un beau jeune homme qui venait toutes les semaines lui-même apporter ses draps, mais qu’elle était si pauvre et si mal habillée qu’il ne la remarquerait jamais.

Notre moine lui dit : « La beauté vient du cœur, pas des vêtements. Tu es une jeune femme courageuse, jolie, tu chantes, tu sais mettre en joie toutes les lavandières, il te remarquera, mais tu dois croire en toi »

Il lui donna un de ses fromages : « Ce fromage est magique, manges-en un peu tous les jours, il t’apportera la confiance qui te manques ».

Et sur ce il continua sa route, ravi d’avoir pu expliquer à Jeanne la recette pour son bonheur.

La péniche

Il arriva près d’une écluse auprès de laquelle un bateau tiré par des chevaux déchargeait du sable sur le halage. Il profita de cette occasion pour demander au commandant de bord s’il lui était possible de monter pour gagner la mer. A cette époque il était courant d’aider les moines, ils n’avaient pas le sou et les gens étaient très religieux. Le capitaine donna son accord, et c’est ainsi que jean parti sur la Mayenne pour rejoindre la méditerranée. Le voyage serait long , il lui faudra passer par la Maine, la Loire, la Vienne, la Dordogne, le Lot, le Tarn….

Pendant la traversée, au rythme lent des pas du cheval il eut le temps d’admirer les beautés du paysage.

Pâques était passé et pourtant l’hiver semblait être endormi sur la terre. Par endroit il recouvrait encore la terre de neige, gelant les rivières et les étangs, bouchant le ciel de gros nuages gris.

Après de longs jours sur le fleuve, Jean arriva à la mer.

La porte

Il chercha en vain un bateau pouvant l’emmener de l’autre côté, sur les terre d’Afrique.

Intrigué par une énorme porte en forme de bouche, il demanda à un habitant où menait celle-ci :

« Jadis cette porte servait pour passer sous la mer et rapporter des épices et pierre précieuse d’Afrique, c’est la porte TATIN .Mais un jour une dispute eu lieu entre les deux Pays, et la porte fut condamnée pour empêcher tout échange entre les deux pays. »

« Des gens s’y sont aventurés et ont rebroussé chemin : un monstre à trois têtes en garde l’entrée »

Notre moine, qui n’avait pas la moindre méchanceté en lui, décida de tenter sa chance, et d’apprivoiser le fameux monstre.

Dès qu’il arriva près de la porte celui-ci sortit en grognant. Jean lui proposa un fromage, en lui expliquant que s’il le mangeait, il deviendrait si gentil que tout le monde l’aimerait.

Notre monstre n’était pas méchant. Les gens se fiaient aux apparences. Il aurait aimé avoir des amis, mais tout le monde le fuyait. C’est ainsi que la légende était née, à cause de son apparence différente.

Heureux que quelqu’un ose enfin lui parler il accepta. D’un seul coup il se métamorphosa, il avait toujours trois têtes mais un air gentil, le fromage avait fait son effet.

Jean repris son balluchon et accompagné du monstre, passa la porte et s’engouffra dans le tunnel.

La princesse

Il arrive sur les terre d’Afrique, dit au revoir au monstre et reprend sa marche vers un immense palais. On y accédait par un petit pont en bois qui enjambait une petite rivière.

Jamais il n’avait vu un tel palais. Il était entouré de magnifiques jardins. On y rencontrait des fleurs parfumées, aux couleurs vives et des arbres aux feuilles dorées.

 Au bout d’une allée parsemée de petits cailloux blancs et nacrés, coulait une fontaine dont le son rappelait la mélodie du rossignol.

Lorsque le roi se promenait dans ses jardins, le bonheur emplissait son cœur.

Hélas, depuis dix jours, le roi se mourrait de chagrin, sa fille la princesse avait été enlevée. Des femmes déguisées en soldats du roi l’avaient emmenée de force.

La princesse est belle, brune à robe framboise ! Et elle est emplie d’une gentillesse intarissable. A sa naissance les fées lui ont donné le pouvoir de ne jamais s’énerver, de pardonner aux autres et d’aider tous les démunis.

Elle devait participer au traditionnel concours de beauté du village. Ce concours de beauté récompense les filles les plus jolies dedans et dehors, c’est-à-dire qu’elles doivent être aussi gentilles qu’elles sont belles !

Comme dans tous les concours, le désir de gagner rend certaines jeunes filles jalouses. Elles ont peur de se faire prendre la première place par plus jolie qu’elle !

Ce sont deux d’entre elles qui ont organisé l’enlèvement de la princesse.

Son père, le roi, est le roi le plus désespéré de la Terre !

Quand il apprend que les chevaliers envoyés par le roi n’ont pas réussi à délivrer la princesse, Jean ne peux s’empêcher de proposer son aide.

Il décide d’utiliser un des fromages restant pour parfumer les jeunes femmes jalouses, de sorte que personne ne veuille s’approcher d’elles. Il lancera le fromage par la fenêtre de leur chambre.

Comme Jean était gentil, cette malédiction pourrait changer si les jeunes femmes changeaient leur conduite.

« Pourquoi voulez-vous gagner ce concours en trichant ? »

« Parce que la princesse a tout pour elle, elle est sûre de gagner, nous nous n’avons jamais de chance. »

 « La jalousie rend les gens amers dit Jean, elle fait commettre aux gens de mauvaises actions. Si vous voulez avoir de la chance, commencez par être belles à l’intérieur, soyez gentilles avec les autres »

« Corrigez-vos erreurs, et le malheur se changea en bonheur. »

Sur ce Jean ramena la princesse au roi et laissa les jeunes femmes réfléchir à leur avenir.

Le voyage en  tapis volant

Pour le remercier le roi lui offre un repas dans son magnifique palais et un tapis volant qui l’emmènera derrière la muraille de chine.

Il arriva en Chine, après avoir survolé de magnifiques contrées.

Que la terre était belle vue du ciel !

Il s’arrêta dans une ville dont il ignorait le nom, attiré par les jeux d’un groupe d’enfants qui jouaient avec des bouts de bambou.

Rubis et le dragon

Il y avait parmi les enfants une petite fille que l’on appelait Rubis parce qu’elle adorait le rouge. En Chine, le rouge est la couleur de la fête. Rubis, elle, voulait porter du rouge tous les jours de la semaine !

Jean demanda à Rubis vers où était la grande muraille de Chine. Rubis accepta d’y conduire Jean. Ils partirent donc tous les deux. Leur voyage dura plusieurs jours. Un matin, ils aperçurent enfin à l’horizon la muraille. Quand ils arrivèrent, ils se renseignèrent pour savoir où se trouvait le monastère d’AKAR, le moine qui possédait la copie de la précieuse recette. Un pêcheur leur apprit qu’il fallait traverser un pont suspendu au-dessus d’un ravin. Ils prirent donc un sentier étroit qui grimpait le long de la montagne. Au moment de franchir le ravin, ils hésitèrent. Encouragé par l’idée d’être près du but, Jean continua quand même. Après quelques pas, une latte céda sous son poids. Alerté par ce fracas, un dragon effrayant surgit du fond du ravin. Dérangée dans son sommeil, l’épouvantable créature enflamma les cordes du pont. Jean ne put se retenir et tomba. Rubis, restée sur le sentier, s’élança dans le vide, et, dans son plongeon, elle se transforma en aigle. Alors, elle passa sous le moine et le rattrapa sur son dos. Elle souffla des paillettes magiques qui tombèrent sur le dragon. Le monstre se rendormit. Après s’être remis de leurs émotions, Jean demanda à RUBIS : « Comment as-tu fais ? »

C’est AKAR qui m’envoie, je savais que tu allais venir, je suis un aigle royal, gardien de la muraille.

Ils marchèrent encore une nuit et un jour et arrivèrent au monastère.

AKAR

Un vieux moine se tient face au paysage magnifique. C’est AKAR.

« Je t’attendais dit-il , tu as fait un long voyage, repose toi, quand tu seras prêt tu repartira avec la recette du fromage »

Notre moine pris le temps de se reposer, au moment du départ pour le grand retour, il dit à AKAR :

« Je n’ai plus de fromage pour le retour »

« Tu n’en as pas besoin dit AKAR »

Tu portes au fond de toi un trésor, qui peut à tout moment t’apporter les réponses à toutes tes questions. Les solutions à tes problèmes sont en toi. Trop souvent, nous cherchons des solutions au dehors. Les fromages que t’a donné le père supérieur lors de ton départ ne sont pas magiques, mais tu y as cru, et cela t’a donné la force

 

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